Sarhan | Kentridge: Telegrams from the nose
Sarhan | Kentridge: Telegrams from the nose

Entre théâtre musical, vidéo, installation, ce moyen-format destiné à de petites salles est le fruit de la collaboration entre l'artiste sud-africain William Kentridge et le compositeur français François Sarhan, lui-même présent sur le plateau en speaker et pantomime. Futurisme russe, poèmes de Daniil Harms et minutes des procès staliniens s'y entremêlent. Le matériel graphique provient des études préliminaires à la mise en scène du "Nez" de Chostakovitch, que préparait Kentridge pour le Metropolitan Opera en 2010.
Sarhan et Kentrdige évoquent les années ’20 et ’30 en Russie, en osant une spectaculaire collision : le procès de Nikolaï Bukharin, qui est mis en accusation par Staline, est narré selon les codes artistiques du modernisme radical des mêmes années. Disparition, menace et oppression sont masquées par le grotesque, la vitesse, la vitalité : la terreur s’installe, mais dans une vague de frénésie et d’imagination artistique débridée. . Sur une toile peinte à la manière d’un vieux magazine vantant les avancées de la science, Kentridge projette un turbulent théâtre d’ombres humaines, qui courent vers la victoire de l’homme nouveau. La vidéo met en mouvement une association raffinée d'ombres humaines anamorphosées, d'animation de petites silhouettes noires en papier découpé, de formes géométriques évoquant le constructivisme russe, de lettres, de texte. La musique de Sarhan, modernsky à souhait - une série de vignettes "à la russe" empressées, raturées, disloquées – en précipite la course. Mais la représentation dérape : à tout moment, la censure l’interrompt.
À ces Telegrams grotesques grépondent la Sonate in UrLauten de Kurt Schwitters, premier grand poème phonétique, et le célèbre discours du chancelier Adenoïd Hynkel — alias Chaplin — dans Le Dictateur.
GALLERY



CAST & CREDITS
- William Kentridge, Video
- Daniil Harms, Poems
- Igor Semenoff, stroh-violin
- Tom Pauwels, acoustic guitar
- Jean-Luc Plouvier, keyboard
- Georges-Elie Octors, conductor