Pulse!
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Steve Reich ouvre ce programme avec l’emblématique Piano Phase – présentée ici dans sa transcription pour marimbas –, où deux instruments répètent inlassablement le même motif. D’abord synchrones, ils s’éloignent progressivement l’un de l’autre pour créer un effet de déphasage : tandis que l’un maintient le tempo, l’autre accélère peu à peu, provoquant un décalage progressif. Dès qu’ils se sont rejoints à l’unisson, ils abordent le motif suivant. Dans un subtil mélange d’ordre et de chaos, le processus invite l’auditeur à s’abandonner aux espaces sonores qui se déploient.
Avec Table Talk, la jeune compositrice américaine Alyssa Weinberg s’inscrit dans l’héritage de Reich, mais l’enrichit d’un travail expérimental sur le timbre. Les deux interprètes jouent à quatre mains sur un vibraphone « préparé » : divers objets du quotidien sont placés sur les lames de l’instrument pour en élargir la palette sonore et introduire des textures inattendues. L’effet produit, incroyablement évocateur, suggère l’idée d’une conversation vivante et informelle autour d’une table – écho au titre de l’œuvre.
Mad Rush de Philip Glass, joué ici sur marimba et vibraphone, est écrit à l’origine pour l’orgue de la cathédrale St. John the Divine de New York, à l’occasion de la première prise de parole publique du Dalaï-Lama en Amérique du Nord. La pièce a été pensée comme une musique d’accueil, dont la durée devait pouvoir s’adapter à une heure d’arrivée incertaine – d’où son principe de sections répétables et sa durée flexible. Au lieu de développer chacun des thèmes, Glass les reproduit avec d’infimes variations, dessinant un continuum hypnotique où la répétition invite à la méditation.
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