The Wayward (after Harry Partch, 2010)
✕The Wayward (after Harry Partch, 2010)
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_You hear America and cannot escape the feeling that Harry Partch has succeeded in perfectly capturing the music of the USA somewhere between references to traditional folk songs and the roar of the trombone. And this is underlined by the standing ovation that everyone received. It's now full speed ahead on the “Art of our Times” (KAZ) express._
Vorarlberger Nachrichten, August 2011, Veronika Fehle
**Pérégrinations à travers les États-Unis
de la Grande Dépression**
Au même titre que son aîné Charles Ives, mais plus étrange encore, Harry Partch (1901-1974) fait partie de la galerie des grands extravagants qui ont rythmé l'histoire de la musique américaine. Partch fut tout à la fois compositeur et vagabond, écrivain et inventeur d'instruments de légende. Il a grandi au début du XXe siècle, dans de petits villages entre l’Arizona et le Nouveau-Mexique, au milieu des missionnaires presbytériens, des immigrants chinois et des tribus indiennes locales. Il y fut témoin du déclin du Grand Ouest. C’est dans ce creuset culturel que l’on retrouve le germe de son existence nomade, de sa pensée libre, de l’élaboration de sa théorie musicale et de l’instrumentation étrange qu’elle a générée.
Tension et paradoxe entre l'esprit de système et le spontanéisme : Partch fut le théoricien minutieux de la Just Intonation, un complexe système microtonal basé sur les harmoniques naturelles, tout en même temps qu'il se faisait le défenseur de la Corporeality, une musique de l'art corporel, qui exalte les couleurs de la voix parlée et du chant rocailleux.
Sa musique hors normes, qui évoque une sorte de "blues expérimental" ritualisé et mâtiné d'art brut, n'a presque jamais été jouée en Europe. Spécialement pour Ictus, le compositeur flamand Tim Mariën retravaille un grand cycle de Partch, The Wayward (l'Egaré), récit de trois voyages vagabonds durant les années de la Grande Dépression. Une sorte de "clochard céleste" — selon la formule qui viendra plus tard sous la plume de Jack Kerouac — arpente les Etats-Unis de San Francisco à Boston, au gré des trains de marchandise. Récits, conversations, cris, apartés, cantiques et bruit des moteurs, tout y passe. Une toute nouvelle réalisation de la partition originale pour voix et "instruments transformés", qui respecte le subtil accord en just intonation apte à épouser toutes les intonations de la voix parlée (ou demi-chantée), réunit une guitare folk à 12 cordes, un banjo, une cithare, un orgue à anches Chicago, un piano microtonal, un trombone et des percussions.
A la voix : Mike Schmid, le flûtiste d'Ictus, dont la récente relecture de la Ur Sonate de Kurt Schwitters a révélé les dispositions vocales.
A noter, au même concert - et dans le même esprit - la création d'une oeuvre nouvelle de Tim Mariën, arrangeur du Wayward._
GALLERY



CAST & CREDITS
- Tim Mariën, Toeënwâs
