ICTUS
Georges-Elie Octors, Jean-Luc Fafchamps, Dirk Descheemaeker, Géry Cambier, George van Dam

What the Body does not Remember

What the Body does not Remember
2012

WHAT THE BODY DOES NOT REMEMBER

Retour sur la fin des années 80 : le coup d’essai foudroyant du jeune chorégraphe Wim Vandekeybus confirmait avec force, en 1987, l’émergence d’une « Flemish Wave » dans le monde du théâtre et de la danse. De Keersmaeker, Fabre, Decorte, Lauwers, Vandekeybus : autant d'artistes singuliers qui avaient peu en commun, sinon la mise en tension d’un corps énervé qui transformait les codes de la présence scénique. « Les Belges sont les maîtres du corps », écrivait alors un critique hollandais. Et Anna Kisselgoff, dans le New York Times, encensait What the Body en parlant d’une « révolution dans la danse ».

Ce dont le corps ne se souvient pas, dont parle le titre, n'évoque pas l'Eden ou l'état virginal. Il s'agit plutôt de capturer le moment qui échappe à toute répétition, l’événement auquel rien ne préparait, l’instant du choix forcé face au plus grand danger. Risque, contrainte, acte-réflexe sont à l'époque les maîtres-mots du chorégraphe, chauffé à blanc par son musicien et conseiller Thierry De Mey, ancien champion de Go et fin stratège. Les corps se jettent les uns sur les autres, se tordent au sol, envoient vers le ciel des briques que leurs partenaires éviteront de justesse, menacent de s’écraser à grands coups de bottines. Les rapports homme-femme sont haletants, sexuels, agressifs. Tout va vite, mais tout est réglé au petit poil. La musique de Thierry De Mey et Peter Vermeersch, qui avait naguère accompagné les premiers pas d’Anne Teresa De Keermaeker, continue d’explorer les ressources d’un minimalisme dissonant et métallique, inspiré des travaux de Louis Andriessen. Vandekeybus recevra un Bessie Award pour cette « brutale confrontation de danse et de musique, sur fond de danger et de combat ».

Avec une équipe de danseurs rajeunie, onze musiciens _d’époque_ et l’instrumentarium percussif du Thierry De Mey des grands jours (cadre de piano tronçonné, tambours de papier, lithophones, etc.), on mesurera vingt-cinq ans plus tard tout ce qui dans ce spectacle avait fait date.

UN PEU D'HISTOIRE

Le sextuor belge Maximalist! se forme en 1983 autour de Thierry De Mey et Peter Vermeersch, à l’occasion de la création de Rosas Danst Rosas d’Anne Teresa De Keermaeker.
Lorsque Vandekeybus, en 1990, fusionne ses deux premiers spectacles (What the body does not remember, 1987, et Les Porteuses de mauvaises nouvelles, 1989) en une seule entité, The Weight of a Hand, le groupe s’élargit pour la circonstance et met à sa tête le chef d’orchestre Georges-Elie Octors.
Ce petit ensemble sera la matrice d’Ictus, qui jouera sous ce nom à partir de 1994.

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