With Salvatore Sciarrino (2002)
✕With Salvatore Sciarrino (2002)
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On ne jouait que lui, dans les années 1990. Salvatore Sciarrino a inspiré toute une génération de jeunes compositeurs ivres de son « écologie musicale ». Ainsi ont soudainement fleuri des centaines de pièces vives, ironiques et précieuses, autant de petits joyaux instumentaux faits de souffles, de claquements de langues, de sonorités « gommées » par la pudeur et la distance, habitées pourtant par la sourde violence de qui prétend ne jouer de son instrument qu'à l'envers de tous les usages. Avec un peu de recul, on s'aperçoit combien cette musique a bien vieilli et a marqué son temps : on croirait ouvrir l'archive sonore de quelque tribu inventée par Henri Michaux.
Sciarrino aime à évoquer le « démon de midi » contre lequel mettent en garde les Pères de l'Eglise : l’instant inquiétant de la plus grande lumière, où le monde s’offre sans ombre, où le « trop de réalité » fait douter de son existence... et de notre raison. Si la musique de Sciarrino peut être qualifiée de « contemplative », c’est selon l’image de ce midi immobile, tremblant, écrasé de lumière. Sur cette scène silencieuse et brûlante apparaissent et s’évanouissent les bruits de la nature, frottements, vagues, débris de coquillages ou de mélodies portées par le vent, crapauds, grillons, que sa musique imite ou distord avec un sens aigu de l’artifice. Lorsque la nature amie se retire, la contemplation se fixe alors sur les infimes turbulences de la matière : fluides, éclairs, viscosités, dont Sciarrino rend compte comme d’un drame secret, exigeant de l'interprète un délicat dosage de nervosité et de retenue. Enfin, lorsque tout s’est tu, nature et matière, lorsque “l’exploration du blanc” (c’est le titre d’une de ses plus belles pièces) se fait plus profonde encore, émerge le rythme étouffé et affolant du corps solitaire : battement cardiaque et palpitation des veines, qui sont notre vrai silence.
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Ma musique peut être élégante, délicate par sa dynamique, mais elle n'est pas "jolie", sa "joliesse" découle de quelques aspects secondaires, du fait qu'elle soit plus _piano_ que la musique normale, et à ceux qui sont habitués à la vie moderne, aux discothèques, elle peut apparaître comme une fourmi sur un dos d'éléphant. Je la verrais plutôt comme l'éruption d'un volcan vue de loin. (S. Sc.)
GALLERY

CAST & CREDITS
WORKS
SLAVATORE SCIARRINO :
Introduzione all'oscuro, voor ensemble
Tre notturni brillanti, voor altviool
Le Ragioni delle Conchiglie, voor pianokwintet
Centauro Marino, voor klarinet, strijktrio en piano
Un fruscio lungo trent' anni, voor percussiekwartet
Quintettino N.1 voor klarinet en strijkkwartet.
Paul De Clerck, viola
Georges-Elie Octors, conductor