ICTUS

RIHM / BASELITZ (strijktrio)

RIHM / BASELITZ (strijktrio)
2012

Concert en trio sur les lieux de l'exposition.

En 1981, paraissait en Allemagne un ouvrage-manifeste promis à un certain succès : _Vers une nouvelle simplicité en musique_, co-signé par Wofgang Rihm. Ce nom deviendra bientôt le synonyme d’un renouveau du lyrisme dans la musique contemporaine. On parla même à son sujet de « néo-romantisme » - une expression qu’il faut toutefois immédiatement nuancer : car Rihm, qui n’ignore pas l’histoire, la relit dans la fureur, jamais dans la mélancolie. Son énergie noire et éruptive, ses références distordues à Schumann ou Mahler, sa fascination pour Antonin Artaud, la simplicité anguleuse de ses oeuvres, la conduite d’apparence improvisée de ses formes et la surabondance de ses idées (plus de 400 oeuvres à ce jour !), tout cela dessine une sorte de romantisme brut et fragmenté, qui autorise à voir en Wolfgang Rihm un frère-en-musique de Georg Baselitz. 
_« J’écris ma musique avec mes terminaisons nerveuses, pas avec un stylo »,_ déclarait le compositeur.
Ou encore :
_« La musique est un flux de signes posés dans le temps. Je cherche dans la musique non tant un lien logique qu’une vibration entre des signes »._

Ecrite en 1977 - Rihm avait alors 25 ans - sa _Musik für drei Streicher_, (« musique pour trois instruments à cordes ») est le premier chef d’oeuvre d’un artiste précocement parvenu à maturité. Tour à tour frénétique et hiératique, cette longue pièce de 55 minutes, en sept mouvements, convoque irrésistiblement les métaphores de la roche, du minerais, de la lave en fusion. « J'ai la vision d'un grand bloc de musique qui est en moi. Chaque composition est à la fois une partie de ce bloc et une physionomie précise à sculpter. Afin de voir qui je suis, je dois couper dans ma propre chair, m’ouvrir, demander à un miroir ce qu'il voit », écrivait Wolfgang Rihm - et l’on croirait entendre parler Artaud.

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