VÍDDIR
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Dès les premières notes, cinq flûtistes font surgir des hurlements « aussi puissants que possible » de leurs flûtes basses, et l’on comprend d'emblée que VÍDDIR ne sera pas un voyage insouciant vers la vie nouvelle ! C'est une pièce plus noire que la nuit noire — un abîme au sein duquel Gísladóttir plonge et atteint d'insondables profondeurs. D'une durée ininterrompue d'une heure, l’oeuvre fait sans cesse retour sur cette scintillante obscurité.
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La première dimension de cette oeuvre, c'est l'espace, qui s'exprime à travers sa mise en scène. Les neuf flûtes sont disposées en un halo argenté autour du public : un horizon de brillance au-delà duquel les sonorités ne sont plus sous le contrôle des musiciens, mais abandonnés à l'acoustique de l'espace. Au centre, les deux bassistes forment un noyau dense, parfois explosif, aux côtés des trois percussionnistes, dont les instruments sont dominés par des disques de métal : gongs d'opéra chinois, crotales, bols rituels, etc. L'ensemble du dispositif semble une amplification de ces objets : un immense instrument circulaire géant dont les sons se déploient de la périphérie vers le centre avant d'être renvoyés vers l’extérieur.
Citations de Tim Rutherford-Johnson, "Deep Dimensions", sur le site du label Dacapo Records
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