ICTUS

Maximum Efficiency

✕
Maximum Efficiency
Location

Maximum Efficiency est un montage de pièces de Tom Johnson pour solistes et narrateur, à la manière d'expériences de physique amusante. La musique semble y être traitée comme une science exacte; la trivialité des propos tenus ouvre cependant une faille, d'où surgit un inquiétant humour.

Le titre est emprunté à la première pièce. Le tout fait une quarantaine de minutes. L'acteur-présentateur a une présence sérieuse, télévisuelle, s'adresse au public, n'essaie pas d'être drôle. Le décor est légèrement décalé ou démodé : fleurs en plastique, par exemple. Les musiciens sont concentrés, surentraînés, très humbles, un peu éloignés l'un de l'autre. Petit décor et éclairages de Tom Bruwier.

Les quatre pièces de Tom Johnson

Maximum Efficiency, 1991, 7', pour flûte clarinette et basse

Introduit par un discours glaçant : " Most music is inefficient. It uses more ideas than necessary, takes more time than necessary, requires more performing energy than necessary (...) and generally does not provide a good model for modern society with high productivity".

La pièce est en effet un concentré d'efficacité combinatoire. Jeu très rapide et fort sur une note, pour trois instruments, résultat sonore assez "Andriessen", surtout joué comme ici avec basse électrique.

Bed Times Stories, 1985, 12, clarinette

La pièce où le dialogue acteur/instrument est le plus intense : la musique illustre sans cesse des petites histoires quotidiennes, comme dans Babar. Mais il n'y a rien d'expressif, juste des représentations analogiques et des problèmes de logique : comment disposer 3 couples à table, monter une échelle, faire ses courses au plus vite dans 4 magasins, etc.

L'effet de redondance entre texte et musique est hilarant (rire nerveux). Déjà joué avec succès à Musica Strasbourg en 1998 dans une soirée de cabaret.

Tile Work for flute, 2003, 10'

La pièce la plus intéressante musicalement. Analogie avec les problèmes de pavage de l'art arabe : comment couvrir totalement un plan avec 2 ou 3 motifs répétés? Ici, le soliste présente des petits motifs syncopés (certains en registre haut, d'autres en registre bas) qui sont ensuite combinés dans des phrases complexes à structure d'ostinato (défilement de doubles croches). Les motifs enchevêtrés restent cependant lisibles grâce aux tessitures : polyphonie virtuelle générée par un soliste. Assez soufflant.

L'acteur présente chaque combinaison d'une manière un peu nerveuse et sadique, "sur le beat", comme à la foire, comme pour défier l'instrumentiste : voici le motif 1 ! et le 3 ! ... et on combine 1 et 2 ! ... et 1 et 2 et 3 ensemble, cela donne ! ... etc....

Eggs & Basket, 1987, 12', flûte et clarinette

Problème de distribution d'oeufs dans 2 paniers. Hyper-analogique : un oeuf dans un panier est représenté par 1 note de clarinette, un oeuf dans l'autre panier par 1 note de flûte. A la fin, toutes les possibilités de distribuer entre 2 musiciens les 6 notes d'une petite gamme : hoketus rapide, d'une virtuosité rythmique très poussée. Les 2 musiciens sont alors très éloignés, le plus "stéréo" possible.

dixit johnson

"Quand on m’interroge sur ma musique, je la décris souvent comme une réaction au passé musical romantique et expressionniste. J’explique que je cherche à produire quelque chose de plus objectif, quelque chose qui n’exprime pas mes émotions, qui ne manipule pas non plus les émotions de l’auditeur, qui soit enfin totalement extérieur à ma personne.

Parfois je dis: “Je veux trouver la musique, et non la composer”. Parfois je parle de certaines formules mathématiques qui permettent de remplacer les décisions subjectives par des déductions logiques et objectives. Parfois je cite mon maître Morton Feldman qui disait souvent: “Laissez la musique faire ce qu’elle veut”.

Parfois je parle de tout cela, en croyant que cela aidera à comprendre ce que je fais et pourquoi je le fais. Mais quoi que je fasse, il y a toujours des questions: Que sommes-nous supposés ressentir ? Comment une musique peut-elle être aussi impersonnelle ? Ne cherchez-vous jamais à exprimer quelque chose ? Est-ce que cela ne conduit pas à une musique froide, dépourvue de signification ? Etc, etc.

L’idée de la musique comme expression de soi est si ancrée dans notre éducation musicale que la plupart des gens sont désorientés lorsqu’une musique en est dépourvue. Un jour, frustré par mon incapacité à communiquer mes idées esthétiques à un groupe d’étudiants, j’ai dit simplement: “Je ne m’intéresse pas à l’autobiographie.” C’était le mot-clé, et soudain tout le monde comprenait."

Tom Johnson

GALLERY

Maximum Efficiency — photo 1
Maximum Efficiency — photo 2

CAST & CREDITS

No cast information
  • Ictus wordt gesubsidieerd door de Vlaamse Gemeenschap
  • Vlaamse Gemeenschapscommissie
Maximum Efficiency — Ictus