The Lichtenberg Figures [Binaural version in Herrenhausen]
The Lichtenberg Figures [Binaural version in Herrenhausen]
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LICHTENBERG FIGURES RELOADED
En 2015, notre chère Eva Reiter avait divisé le public avec ses Lichtenberg Figures, œuvre ultra-baroque pour voix soliste et grand ensemble, que nous présentions alors avec un lourd light show, dans une couleur outrancièrement kitsch.
Et pour une Viennoise, mon dieu, ce type de polémique n'était jamais qu'ordinary business.
« Un Pierrot Lunaire pour le XXIe siècle », s'enflammait un blogueur après le concert de Darsmtadt ;
« Banqueroute pour la Neue Musik », s'indignait un Francfortois.
Bref. 2020 : voici une nouvelle version chambriste, visuellement plus sage, mais musicalement beaucoup plus tendue.
Le livre qui donne son titre à la soirée, The Lichtenberg Figures, publié par Ben Lerner en 2004, est une foisonnante collection de sonnets, grouillant de bifurcations très rapides obtenues à partir de matériaux disparates, comme dans une encyclopédie hallucinée : notices scientifiques, observations triviales, digressions ironiques.
Lors de sa création à Wien Modern, The Lichtenberg Figures était apparu comme une sorte de chaînon manquant entre Fausto Romitelli et Laurie Anderson. La voix de Reiter, qu’elle traite elle-même en temps réel sur sa petite machine à effets, s'appuie en grande partie sur le rythme de la langue parlée : un magnifique travail en spoken word, troué de quelques envolées lyriques d'une noirceur déchirante. Reiter, ne l'oublions pas, a beaucoup pratiqué la musique ancienne, et tout spécialement le répertoire élisabéthain.
Electrique et vénéneuse, tout en déflagrations et en glissandos flottant dans les chambres d'écho, la musique des Figures fait alterner l'extrême lourdeur de certains tempos et la suractivité du montage digital, avec ses data errors, évoquant un peu le Romitelli de la grande maturité, celui de An Index of Metals. Nous projetterons les surtitres.
Cette longue œuvre de 40 minutes sera précédée de deux autres pièces de Reiter : "Tube Music", un voyage calmement halluciné dans un univers de souffes et sons aériens, distribués tout autour du public dans la grande Galerie d'Herrenhausen. Avec “The Wilderness of Mirrors", joué par Nico Couck à la guitare électrique, la compositrice s'inspire du vocabulaire violonistique des suites de Bach. La pièce s'écoute comme à travers les vitres d'un train, toute chose filant à toute allure vers le flou du souvenir, tandis que la calme distance de l'observateur ralentit sa contemplation, écrit Reiter. Le concert s'ouvre avec “Immagine fenicia” (1996) de Salvatore Sciarrino, un solo de flûte qui introduira l'auditeur à l'inquiétante familiarité de l'univers reiterien.
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