Homework
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Aux Bregenzer Festspiele, création d'un nouveau mélodrame de François Sarhan, HOMEWORK, cette fois accompagné de son récent travail vidéo - que le compositeur a commencé de développer suite à sa rencontre avec William Kentridge. Les rituels quasi-religieux de la névrose ordinaire y sont mis en scène en petits numéros mécaniques, sur trois plateaux qui ne communiquent pas, flanqués de trois films différents et de trois duos musicaux autonomes. Le public circule autour de cette étrange machine spectaculaire, qui finalement fusionne en un exercice d'hyper-polyphonie à pulvériser Milhaud dans sa tombe.
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*Si je pouvais choisir mon arbre généalogique, je le construirais comme ceci :
Frank Zappa pour sa capacité à assimiler des objets hétérogènes, et à retourner le gant de la musique : ce qui était emprunt devient unique, et ce qui était personnel devient extérieur, car toujours distancié. Et l'humour comme coup de poignard dans le dos de l'esthétisme.*
Puis : Dubuffet pour l'obsession, la revendication de l'art brut, du regard brut. Brut mais pas informe : on peut y prêter sens.
Svankmajer pour l'indifférence complète à l'égard des moyens utilisés (image, texte, son), et la construction d'un langage qui n'est pas (comme on le dit souvent en parlant d'un compositeur) un ensemble de codes formels, mais une méthode de resserrement des préoccupations. Porter l'imagination (cette reine des facultés) au sommet.
*André Breton pour l'humanisme et un choix de vie incorruptible. Son absence totale de misanthropie.
Bon : cela suffira dans le registre des pères ! Après, bien sûr, plein de gens dont j'aime les œuvres - mais c'est un plaisir plus superficiel, c’est moins ancré dans une vision du monde. Je vous les cite quand même, je les dispose dans l’arbre comme des pommes : Prokofiev, Fauré, Boulez, Picasso, Bruno Schulz, Chlorgeschlecht, et bien d’autres.*
Ce qui m’intéresse, et vers quoi je tends, c'est une pratique qui devient artistique comme par hasard. Moderne ou classique, je n’en sais rien. L'important est un processus de fabrication, qui prend en compte le quotidien, l'erreur, l'improvisation, le témoignage, le document. Elle repose sur l'exploration des obsessions, la dissolution de la virtuosité superficielle, de l'écriture comme valeur, au profit de l'accident, de l'importation de l'objet trouvé, ou incongru : la rencontre, sur une table d'opération, etc, vous connaissez la suite. Dans cette perspective, aucun mot d’ordre, mais une ligne générale d'ordre moral que je tire des surréalistes ou autres - et finalement pas des compositeurs, qu'ils soient modernes ou néo.
François Sarhan
GALLERY



CAST & CREDITS
- Mathieu Metzger, Boyfriend, saxophone
- Jean-Luc Plouvier, keyboards
- Daniel Ploeger, trombone
- Gerrit Nulens, Heimwerker, percussion
- Géry Cambier, electric bass
- Charles Chemin, actors coach
- Laura Berman, artistic advisor



