Le Noir de l'Étoile
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Couloir de transparence
Lorsque la musique parvient à conjurer le temps, elle se trouve investie d’un véritable pouvoir chamanique, celui de nous relier aux forces qui nous entourent. Dans les civilisations passées, les rites lunaires ou solaires avaient une fonction de conjuration. Grâce à eux, les saisons pouvaient revenir et le soleil se lever chaque jour. Qu’en est-il de nos pulsars ? Pourquoi les faire venir ici, aujourd’hui à l’heure où leurs passages dans le ciel boréal les rend accessibles ?
Gérard Grisey
LE NOIR DE L'ÉTOILE, composé en 1990 par Gérard Grisey, reflète les trois préoccupations majeures de la fin de sa vie :
◆ Une polyphonie de tempos (citation : « Tout l’art du compositeur consiste à provoquer une mise en phase de ces temps différents [...] Il se produit alors un éclair d’extase musicale, véritable couloir de transparence où, pendant quelques secondes, voire quelques minutes, ces temps irrémédiablement séparés vont communiquer et quelquefois fusionner ») ;
◆ Et la négociation avec un élément extra-humain, qui défait le mythe du compositeur-démiurge (ici, les impulsions des signaux astronomiques provenant des pulsars, qui donnent leur tempo aux percussionnistes).1
Notre directeur musical Tom De Cock a envoyé des instructions inhabituelles à ses collègues percussionnistes :
« Nous jouerons une version non machiste et horizontale. Le mot clé de cette production est : sensualité. Ne pas surjouer. Du métal liquide. Toujours beau, jamais agressif. » (!).
Pawel Krynski, un jeune chercheur en astrophysique, nous donnera en guise de prélude une brève leçon sur les « métronomes cosmiques » que sont les pulsars.
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AUTRE LECTURES
Au sujet du « Noir de l'Etoile », Bozar a commandé un texte court mais parfaitement complet à notre cher Klaas Coulembier, publié en trois langues sur le site de Bozar, >LIEN
Et à l’occasion de l’interprétation de l'oeuvre par les Percussions de Strasbourg, le festival Musica de Strasbourg publiait en 2025 un texte de Lambert Dousson qui élargit considérablement l’horizon ! Il y est question d’invisibilisation des femmes, de LSD et de Joy Division. En français seulement, >LIEN.
GALLERY



CAST & CREDITS
WORKS
- Tom De Cock, musical director
- Pawel Krynski, astrophysicist
- Anita Cappuccinelli, percussion
- Liese-Lotte Bekaert, percussion
- Tom De Cock, percussion
- Caspar Langhoff, light
- Alexandre Fostier, sound
- Lucas Messler, percussion
- Gerrit Nulens, percussion
- Ruben Orio, percussion
Gérard Grisey: Le Noir de l'Étoile (1990)
for six percussionists and transmission of astronomical signals
Duration: ca 60 minutes