The sea of despair
The sea of despair

Récemment formé à la faveur de la « Soirée de répertoire » d’Anne Teresa De Keersmaeker, le tout nouveau quatuor à cordes d’Ictus présente une soirée en deux tableaux aux Brigittines. Un bloc d’énergie concentrée, d’abord, avec le Quatuor N°4 de Béla Bartók, l’un des sommets du genre, lieu d’une négociation passionnée entre héritage folklorique et modernisme. De furieux ostinatos rythmiques y alternent avec des scherzos furtifs et mercuriels. Au centre du quatuor, un mouvement lent d’anthologie révèle l’art typiquement bartokien du « nocturne », en suspension dans une rêverie inquiète.
Dans The Sea of Despair, ensuite, se déploie sur 45 minutes l'harmonie immobile, hypnotique et quelque peu poisseuse du compositeur viennois Klaus Lang, révélé au Festival de Bayreuth par Ictus en 2018. Ses textures pour quatuor amplifié rivalisent avec l’art du « drone » électronique ; peut-être même le surpassent-elles en étrangeté. En se disposant aux quatre coins de la chapelle, les interprètes font entendre la musique comme une « étendue » plutôt que comme un développement temporel.
Aux Brigittines.
GALLERY

CAST & CREDITS
- Igor Semenoff, violin
- Geert De Bièvre, cello