Death of Light
Death of Light

S’affirmant tout à la fois comme chrétien et bouddhiste, Jonathan Harvey a su comme personne évoquer les espaces infinis de la méditation et de la prière, sans jamais tomber dans l’exotisme new age. La spiritualité, à le suivre, n’est pas l’abandon confortable à quelque fusion cosmique : c’est un travail et une traversée. Cette dimension de combat est particulièrement vive dans la pièce que nous soumettons ce soir à votre écoute, peut-être la plus fiévreuse de tout son répertoire. C’est qu’elle s’inspire d’une œuvre elle-même terriblement violente, et l’une des plus célèbres de la peinture occidentale : la Crucifixion de Matthias Grünewald, panneau central du retable d’Issenheim, un polyptique réalisé autour de 1512 et aujourd’hui visible au Musée Unterlinden de Colmar. Un Christ torturé, sanguinolent et blême, y est représenté dans un réalisme effrayant. Entre deux auditions de cette musique hors du commun, nous nous pencherons sur ses dimensions symboliques et les multiples rapports qu’elle entretient avec la peinture de Grünewald.
"Jamais aucune crucifixion n'a semblé si dévastatrice",
écrivait le compositeur au sujet de cette Crucifixion. Du cri de détresse à l'apaisement douloureux d'une marche funèbre inouïe de beauté, le mysticisme flamboyant de Harvey est ici porté à sa plus haute intensité.
GALLERY
