ICTUS
Caspar Langhoff, Caspar Langhoff, Dirk Descheemaeker, Chryssi Dimitriou, Igor Semenoff, Geert De Bièvre, Jean-Luc Plouvier

Child of Light

Child of Light
2022

[picture: Lucien Clergue, 1955]
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###   Bel enfant de la lumière dors, dors, dors, toujours dors
         (Claude Vivier)

Le son, la lumière : les deux grand Immatériaux sont réunis dans ce concert, où se cherche une sorte d'impressionnisme contemporain, une quête de la « lumière du sonore ». L’éclairagiste Caspar Langhoff crée pour l’occasion une partition de lumière autour du thème de l’éclipse. Il y aura des lucioles qui vibrent dans le noir, des musiciens qui jouent dans l’obscurité, et de grands faisceaux de lumière blanche pour soutenir notre écoute.

Aurores et crépuscules, flammes et ombres, rideaux qui s’ouvrent sur des lueurs surnaturelles... Tous les mélomanes connaissent cette connexion intime entre son et lumière, deux objets de fascination qu’aucune main ne peut saisir.

Avec Bioluminescence, qui a récemment valu à la compositrice Kristine Tjøgersen (°1982, Oslo) le prix de l’Oeuvre de l’Année en Norvège, les musiciens trouent l’obscurité en lançant des signaux lumineux avec de petites diodes. Le Vortex Temporum de Gérard Grisey joue avec l’idée d’ « ondulation » dans ses nuances les plus subtiles, les plus minimales ; une oeuvre musicale a rarement fait entendre de manière aussi physique la nature vibratoire du musical, faisant surgir chez l’auditeur une large gamme de sensations synesthésiques.

L’un des plus purs chefs d’oeuvre du XXe siècle est dû à la plume du compositeur canadien Claude Vivier, et a inspiré le titre de ce concert : Lonely Child. Toute l’œuvre de Vivier est obsédée par la présence de la mélodie (ce qui la rapproche un petit peu de celle d’Olivier Messiaen — sinon que Vivier prend le risque d’une pauvreté, d’une simplicité, d’une « pureté du coeur » ostentatoires et tout à fait radicales). La soprano Lore Binon déroule de longues mélodies incantatoires chantées presque sans contrepoint, mais harmonisées note par note par des accords d'une étrange beauté, comme si chaque syllabe de la chanteuse était doublée par la cloche d’un ange, au fond du ciel. La mélodie de la mère qui endort son fils, ou du fils qui appelle sa mère, dans un débordement d’amour et de blancheur : voilà ce que suggère cette partition semblable à nulle autre, qui s'ouvre avec ces mots :

Bel enfant de la lumière dors, dors, dors, toujours dors. Les rêves viendront, les douces fées viendront danser avec toi.

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CAST & CREDITS