Austerlitz (Combier | Nouvel)
Austerlitz (Combier | Nouvel)

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Création collective qui associe le compositeur [Jérôme Combier](http://brahms.ircam.fr/composers/composer/928/) et le vidéaste [Pierre Nouvel](http://www.pierrenouvel.fr/pierrenouvel.fr/%3E%3Epierrenouvel.html), _Austerlitz_ imagine des interactions scéniques inédites entre musique, texte et image.
Ce spectacle se déploie comme une enquête autour du quatrième et dernier roman de Winfried Georg Sebald, écrivain singulier mort dans un accident de la route en Angleterre en 2001. Dans ce livre, le narrateur rencontre par hasard Jacques Austerlitz en 1967 dans la salle des pas perdus de la gare d’Anvers.
Ce n'est pas un opéra, à strictement parler, mais un spectacle avec musique qui prend la forme d"une lente et patiente enquête, d'un _road movie, _d'un grand jeu d'errance et de dévoilement. On y emboîte le pas d'un homme étrange à la dérive dans la vieille Europe, à travers ses gares, ses cafés, ses cimetières juifs, ses ruelles - l'Europe, son increvable charme, ses inavouables crimes.
_"Si l'œuvre de Combier est concentrée, épurée, on sent que c'est un travail ramené du dehors dans l'espace filtrant du cabinet de travail. Comme les anciens lettrés des vieux empires asiatiques, Combier a toujours le regard vers l'horizon quand il imagine la musique"_, écrit Gérard Pesson.
A cette musique finement ciselée répond le grain voilé des vidéos de Pierre Nouvel et le récit de l'écrivain W.G Sebald, que nous déroule à l'oreille l'acteur Johan Leysen.
PRESSE
Combier/Nouvel : Austerlitz, Aix-En-Provence
Diapason, July 2011, Nicolas Baron
"Installation-spectacle" ? C’est l’une des appellations employées par le compositeur Jérôme Combier pour désigner son nouvel opus, Austerlitz, d’après le roman éponyme de W. G. Sebald. En signant l’adaptation et la partition, le jeune français a évidemment respecté l’intimisme de l’ouvrage : un comédien (Johan Leysen) et six instrumentistes (membres de l’ensemble Ictus) reconstituent la trajectoire du protagoniste et du narrateur, au fil de leurs réflexions et du surgissement de la mémoire. Car ces conversations ou monologues mettent en scène Jacques Austerlitz, professeur d’histoire de l’architecture qui tente de reconstituer ses années d’enfance oubliées. Dès lors, son « enquête » le ramène dans les pas du bambin sauvé de la déportation qui lui a arraché ses parents.
Anvers, Londres, Prague ou Terezin marquent un cheminement géographique et mental ponctué par les interludes de Combier. Ils forment autant d’instantanés weberniens, ouvrant de petits univers avec un sens très exact de la calligraphie sonore. Giboulées ravéliennes dans l’aigu du piano, soupirs aux cordes (alto et violoncelle), trombone colérique ou lancinant : Combier relie ces micro-évènements pour esquisser une marche énigmatique, un hymne furtif, l’écho d’une berceuse… Pourtant, il ne se vise jamais à illustrer le récit, tentant plutôt de l’interroger ou le prolonger au fil de ces balises mélodiques dont le sens apparaît peu à peu, comme des repères sur une carte ou les annotations d’un journal de bord. La scénographie de Pierre Nouvel est à l’image de cette sobriété, avec pour seul décor ces projections de photographies ou vidéos prenant tout à coup possession de l’espace, telles des flash-back, indices ou visions à interpréter. On ne ressort pas indemne de cette plongée en eaux profondes, dans un temps retrouvé dont le mélange de douceur, d’ironie et d’horreur se voit condensé par la musique fantomatique et grinçante de Combier, qui laisse un puissant goût d’amertume.
N.B., Diapason
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